À Fuerteventura, le vent ne s’arrête presque jamais. Aujourd’hui, les véliplanchistes le recherchent sur les plages du sud et du nord ; pendant des siècles, ce sont les meuniers qui le cherchaient, et c’est pourquoi l’île est parsemée de moulins. Ils faisaient tourner les meules qui transformaient le grain grillé en gofio, l’aliment qui, raconte-t-on sur l’île, a sauvé de la faim bien des villages. Suivre cette piste est une belle manière de parcourir l’intérieur.
L’essentiel
- Le gofio est une farine de grain grillé — maïs ou blé —, la base du garde-manger de l’île.
- Le Centro de Interpretación de los Molinos, à Tiscamanita (Tuineje), explique la mouture dans une maison traditionnelle flanquée d’un moulin restauré.
- Molinos et molinas : l’île en conserve plusieurs dans l’intérieur ; les chiffres publiés divergent, nous n’en donnons pas.
- Pour le contexte rural, l’Ecomuseo de La Alcogida, à Tefía.
- Données d’octobre 2026. Horaires et tarifs : vérifiez-les avant de vous déplacer.
Du grain à la boule
Le gofio est simple : on grille le grain, puis on le moud. Cette double opération permettait de conserver le grain et de manger la farine sans autre cuisson, mêlée à de l’eau, du lait ou du bouillon. Sur une île aux récoltes incertaines, cette simplicité tenait lieu d’assurance.
À la table de l’île, il prend bien des formes : pétri en boule avec le sancocho, délayé dans un bouillon en escaldón, avec du lait au petit-déjeuner, ou sur la croûte de certains fromages majoreros. Le reste de la cuisine de l’île est dans manger à Fuerteventura.
Tiscamanita : comprendre la mouture
Si vous ne faites qu’un arrêt, que ce soit celui-ci. Le Centro de Interpretación de los Molinos occupe une maison traditionnelle à Tiscamanita, un village du centre de l’île, à quelques kilomètres au sud d’Antigua. À l’intérieur, panneaux et schémas expliquent les différentes manières de tirer la farine du grain et les types de moulins utilisés ; dehors, à côté de la maison, se dresse un moulin à vent restauré.
On propose souvent de goûter le gofio en fin de visite, et on peut aussi en acheter. Le moulin ne tourne pas toujours : cela dépend du jour et du vent. Vérifiez les horaires avant de faire le détour.
Molinos et molinas dans le paysage
Les habitants distinguent les molinos des molinas, deux manières de capter le même vent. On les repère depuis la route dans les plaines de l’intérieur et du nord, tantôt isolés, tantôt en groupe. Autour de Villaverde, à La Oliva, ils dessinent un paysage marqué par la force du vent qu’il vaut la peine de regarder lentement. La vie d’aujourd’hui dans ces villages, nous la racontons dans vivre au nord de Fuerteventura.
La plupart se voient de l’extérieur et beaucoup se trouvent sur des terrains privés : admirez-les depuis le chemin et n’entrez pas dans les enclos fermés.
L’île tout autour
Pour voir comment on vivait quand le moulin était le cœur du village, l’Ecomuseo de La Alcogida, à Tefía, réunit un hameau rural restauré et des espaces où travaillent des artisans. Et si l’autre grand produit de conservation vous intéresse, les Salinas del Carmen, sur la côte d’Antigua, abritent un musée consacré au sel.
L’itinéraire se marie bien avec une matinée à Betancuria, l’ancienne capitale, au cœur même de l’île.
Notre regard
Les moulins de Fuerteventura ne sont pas un décor : ils prouvent que rien ne se perdait sur cette île, pas même le vent. Aller à Tiscamanita sans hâte, goûter le gofio là où l’on raconte son histoire et repartir en regardant le paysage autrement, c’est l’une de ces petites visites qui changent la façon de voir un lieu.
Données d’octobre 2026, recoupées avec Hello Canary Islands et des guides de l’île. Horaires, tarifs et état des moulins peuvent changer : vérifiez-les avant de vous déplacer. Ce guide n’est pas rémunéré pour citer qui que ce soit.