En janvier, à Oslo, le soleil se lève en milieu de matinée et se couche en milieu d’après-midi. À Arguineguín, dans le sud de la Grande Canarie, à la même heure, certains se promènent sur le front de mer en manches courtes, un livre sous le bras. Ce n’est pas une scène d’un jour : elle se répète chaque hiver depuis des décennies.

L’essentiel

  • Arguineguín est un village de pêcheurs de la commune de Mogán, sur la côte sud de la Grande Canarie.
  • Depuis des décennies, il accueille chaque hiver une importante communauté norvégienne saisonnière.
  • L’Église norvégienne des marins (Sjømannskirken) est présente sur l’île depuis plus de trente ans ; sa haute saison va d’octobre à Pâques.
  • Informations d’octobre 2026.

Un village resté village

Arguineguín a gardé ce que bien des stations du sud ont perdu : un quai où accostent les bateaux de pêche, des rues aux commerces du quotidien et des habitants qui vivent ici toute l’année. Le tourisme est arrivé, mais il n’a pas effacé le village. Ce mélange — vie locale et étrangers qui restent au lieu de passer — est exactement ce que recherchent ceux qui viennent y hiverner.

Les Norvégiens n’ont pas été les seuls à découvrir le sud de la Grande Canarie, mais ils ont été parmi les plus fidèles. Pour beaucoup d’entre eux, la Grande Canarie est depuis longtemps l’île de l’hiver ; il suffit de flâner un mardi dans Arguineguín pour le sentir.

L’église des marins

La Sjømannskirken, l’Église norvégienne des marins, est née pour accompagner les marins norvégiens dans les ports du monde entier. Elle est présente à la Grande Canarie depuis plus de trente ans et occupe depuis 2008 ses locaux actuels à Arguineguín, près de la promenade et de la plage du village. Elle fait office d’église et, surtout, de maison commune : un lieu de rencontre où la communauté se retrouve et parle sa propre langue. Sa haute saison va d’octobre à Pâques, et son calendrier rythme, dans les faits, celui de la communauté.

Le rythme de la longue saison

Qui passe ici deux mois ne voyage pas : il vit. Les habitudes ressemblent à celles de la maison, la lumière en plus. Promenade matinale le long de la côte, courses au village, le marché du mardi — étals de souvenirs, vêtements et quelques produits canariens comme le mojo ; prévoir des espèces —, une après-midi de lecture face à la mer. Personne n’est pressé de voir quoi que ce soit, puisqu’il y a le temps de tout voir.

C’est la leçon qu’Arguineguín offre à tout voyageur, norvégien ou non : l’île change quand on cesse de la compter en jours. On apprend quels matins la mer est immobile, à quelle heure arrive le poisson, quel coin de la promenade est à l’ombre à midi. Pour naviguer le long de la côte sud au même rythme, voyez la Grande Canarie depuis la mer et rejoindre votre bateau à la Grande Canarie.

Rester des semaines

Si le modèle vous tente, quelques points méritent d’être connus :

  • C’est la haute saison. De novembre à mars, le sud est très demandé ; les logements de long séjour se réservent des mois à l’avance.
  • Choisissez un hébergement déclaré. Si vous optez pour une location saisonnière, vérifiez qu’elle affiche son numéro d’inscription au registre touristique des Canaries.
  • Cherchez le contrepoint. Le sud, c’est le soleil et la mer ; les sommets et le nord offrent un autre hiver, plus frais et plus vert. Nous le racontons dans la Grande Canarie en hiver. Et si la vie citadine vous attire, vivre à Las Palmas est l’autre manière de rester.

Notre parti pris

Nous racontons la communauté norvégienne à partir de sources publiques, sans clichés ni chiffres que nous n’avons pas pu vérifier. Informations d’octobre 2026 ; horaires et activités de la Sjømannskirken, toujours sur ses canaux officiels.