Vue de la côte, Fuerteventura semble une île de terre : plaines ocre, volcans usés, dunes. La carte officielle dit autre chose. Lorsque l’UNESCO a déclaré la Réserve de biosphère de Fuerteventura, en mai 2009, elle a inclus l’île entière et une large bande d’océan : sur quelque 353 500 hectares, 187 836 sont marins, soit 53 %. La moitié de ce que l’on protège ici, c’est de l’eau.
Cela change la manière de regarder l’île. Ce guide explique comment prendre la mer avec discernement : ce que l’on peut voir, ce que personne ne peut promettre et les règles qui distinguent une bonne sortie d’une mauvaise.
L’essentiel
- Réserve de biosphère depuis mai 2009, gérée par le Cabildo de Fuerteventura : plus de la moitié de sa surface est maritime.
- Faune : dauphins, cachalots et tortues marines, entre autres. Aucune observation n’est garantie.
- Sorties en voilier depuis Morro Jable, au sud, de quatre heures et demie à cinq heures et demie.
- La règle : le décret royal 1727/2007 protège les cétacés. Zone d’exclusion d’au moins 60 mètres, sans poursuite ni contact.
- Choisissez des opérateurs qui respectent la réglementation et demandez leur autorisation avant de réserver.
Une réserve qui est mer
La déclaration de la Réserve de biosphère, publiée ensuite au Bulletin officiel de l’État espagnol, délimite autour de l’île une zone marine plus étendue que la partie terrestre. Ce n’est ni un parc fermé ni un lieu où l’on ne peut pas naviguer : c’est un territoire où le Cabildo concilie la conservation avec la vie de l’île, la pêche et le tourisme. Pour le voyageur, la conséquence est simple : ici, la mer n’est pas le décor de la plage, mais la moitié du paysage protégé.
Prendre la mer à Morro Jable
Le port de Morro Jable, à la pointe sud, est le point de départ habituel des sorties en voilier qui longent la péninsule de Jandía. Elles durent en général de quatre heures et demie à cinq heures et demie : le temps de naviguer à la voile, de faire une halte et, avec un peu de chance, de croiser des dauphins. Les entreprises qui les proposent le disent clairement : l’observation n’est pas garantie. C’est la phrase qu’il faut entendre. Qui promet des baleines à coup sûr promet ce que la mer ne signe pas.
Prenez votre temps : le matin, la mer est souvent plus calme ; l’après-midi, le vent apporte du mouvement. Emportez une couche chaude même par beau temps, une protection solaire et de quoi prévenir le mal de mer si besoin.
La règle des 60 mètres
En Espagne, les cétacés sont protégés par le décret royal 1727/2007. Le décret lui-même en tire une règle pratique : autour d’un cétacé ou d’un groupe s’étend une zone d’exclusion d’au moins 60 mètres où il est interdit d’entrer ; si ce sont les animaux qui s’approchent, on met le moteur au point mort. Il est interdit de les nourrir, de les toucher, de se baigner avec eux, de faire du bruit ou de leur couper la route, et l’observation à titre récréatif exige une autorisation administrative.
Au moment de choisir une excursion, posez donc la question directement : disposent-ils de l’autorisation, comment s’approchent-ils, que font-ils lorsque les animaux apparaissent ? Une bonne réponse parle de distance, de temps limité et de moteur au ralenti. Une mauvaise parle de « garantie » ou de « nager avec les dauphins ».
Des tortues rendues à la mer
Le Cabildo de Fuerteventura mène un programme de soins pour les tortues caouannes : des animaux blessés ou pris dans des filets sont soignés à terre puis rendus à l’océan lors de lâchers publics. Si vous assistez à l’un d’eux, regardez depuis l’endroit indiqué. Et dans l’eau, si vous croisez une tortue, la règle est la même qu’avec les cétacés : distance, pas de contact, pas de poursuite.
Ce qui ne se fait pas
On ne poursuit pas les animaux pour la photo, on ne fait pas voler de drone au-dessus d’eux et on ne pêche ni ne ramasse de coquillages là où c’est interdit. Et si votre programme inclut l’îlot de Lobos, face à Corralejo, rappelez-vous qu’il s’agit d’un parc naturel et que la visite exige une autorisation préalable du Cabildo de Fuerteventura, avec un nombre de places limité par créneau : nous l’expliquons dans Lobos, l’îlot qui se réserve.
Laquelle choisir
- Vous voulez voir le sud depuis la terre, avant ou après → Cofete et la péninsule de Jandía.
- Vous voulez une eau calme pour vous baigner → la lagune de Sotavento, marée consultée.
- Vous voulez que la nuit prolonge la journée → le ciel de Fuerteventura, Réserve Starlight.
Notre regard
Le luxe de regarder la mer de Fuerteventura ne tient pas au nombre d’animaux aperçus, mais à la manière de les voir. Une matinée en voilier, moteur coupé la plupart du temps, la côte de Jandía d’un côté et la possibilité — seulement la possibilité — d’un groupe de dauphins à distance, vaut plus que n’importe quelle promesse. Choisissez qui respecte la règle, et laissez la mer décider du reste.
Informations d’octobre 2026, issues du Bulletin officiel de l’État (BOE), du ministère de la Transition écologique, du Cabildo de Fuerteventura et de la presse régionale. Ce guide ne recommande aucun opérateur en particulier et n’est pas rémunéré pour les citer : vérifiez autorisations, horaires et tarifs au moment de réserver.